Entre les deux tours des élections municipales, nous avons eu envie de proposer un éclairage sur un lieu clé de ces rendez-vous politiques grâce à l’excellent essai d’Olivier Razemon On a que du beau ! Le marché, ingrédient d’une société heureuse. Dans une vaste enquête qui lui a fait traverser la France de long en large, l’auteur réalise un panoramique sur ces places que nombre d’entre nous fréquentent régulièrement et qui répond à plein de préoccupations contemporaines. Il permet de faire face à certains enjeux écologiques, tout en étant un grand vecteur de sociabilité. Pourtant, il apparaît peu dans les politiques publiques et les réflexions sur la ville et on ne le présente jamais comme une solution.
Présent depuis la nuit des temps sur les places de nos centres-villes, le marché semble indétrônable, proposant un dispositif stable et un rendez-vous régulier toute l’année. Pourtant, beaucoup de menaces pèse sur lui. À l’heure où la grande distribution essaye de tout avaler, on voit des supermarchés tenter de reproduire l’esthétique des marchés sans comprendre pourquoi les gens continuent de faire leurs courses dehors, parfois sous la pluie. Le nombre de forains diminuent de façon significative d’année en année même si la France reste un des pays européen à avoir le plus préserver ce mode d’approvisionnement.
Olivier Razemon propose une lecture et un décodage de l’existence de nos marchés car si leur présence nous semble si naturelle, leur statut et leur fonctionnement sont tout à fait spécifiques notamment parce qu’ils se déroulent de façon éphémère et sur la voie publique. Cette analyse nous fait prendre conscience de leurs multiples atouts alors qu’ils sont un trésor sous-exploité