Aller au contenu

Archives

Table des matières
Ouvrir la table des matières >

A l'occasion de l'anniversaire de la librairie en 2019, nous avons édité et offert un livre de souvenirs. Voici donc les meilleurs moments de rencontres de nos dix premières années...

Table des matières
Ouvrir la table des matières >

Maylis de Kerangal – Réparer les vivants – Verticales

31 janvier 2014

Nous avons eu une chance inouïe de pouvoir recevoir Maylis de Kerangal, pour Réparer les vivants. Un hasard de calendrier et l’opportunité de faire connaître notre demande à temps. Si nous avions beaucoup aimé ses deux précédents livres, Corniche Kennedy et Naissance d’un pont, celui-ci a résonné différemment essentiellement en raison de sa thématique.

Après une séance de surf organisée aux aurores, un petit groupe d’adolescents a un accident de la route qui coûte la vie à l’un d’entre eux. Commence alors pour les parents un travail de deuil, percuté très vite par la demande du service médical d’urgence de se prononcer sur l’autorisation de pratiquer le prélèvement de certains organes de leur fils. Chacun des romans de Maylis de Kerangal est construit à partir d’un travail de recherches préliminaires extrêmement fouillé. Ce que cela met en exergue dans le cas de Réparer les vivants, c’est l’aspect technique et émotionnel du sujet. Pour cela, elle pose son intrigue dans une temporalité très précise puisque le roman se déroule sur vingt-quatre heures, pas une minute de plus. Puis elle charge chaque protagoniste d’une part de la problématique. La partie technique est celle dont le processus doit être le plus rapide. Maylis de Kerangal met en scène tous les maillons de la chaîne, de l’équipe médicale du bloc opératoire à celle des transports en passant par le service des demandes d’organes incluant les diverses compatibilités. À cela, elle oppose la temporalité de la famille et l’accompagnement de sa décision, qui dans le processus du deuil et de la perte ne doit pas émettre un seul fléchissement. Maylis de Kerangal mène son intrigue avec brio et son roman aura un retentissement critique énorme. Car elle éclaire de façon parfaite chacun des enjeux de la situation, qui, par ailleurs, implique des questionnements universels, éthiques et sociétaux.

Maylis de Kerangal est, au début du mois de janvier 2014, dans le commencement d’une tournée qu’elle devine longue et accaparante. Je suis assez impressionné par la façon dont sa vie est bousculée par un nombre incalculable de sollicitations et la maîtrise apparente avec laquelle elle s’organise. Cette simple constatation donne une idée de la façon dont elle travaille ses sujets. Arrivent le soir et le moment de rencontrer les lecteurs. Là aussi, elle se met dans une disposition et une concentration très particulières, une écoute très précise des questions qu’on lui pose sur ce sujet délicat qui demande une exigence forte quant à ses réponses. La notion plus universelle de don est bien évidemment abordée dans la conversation mais avec elle, celle du contre-don, moins développé dans le roman. L’adaptation cinématographique de Katell Quillévéré, qui sort en 2016, insistera davantage sur le receveur de l’organe, ce qui crée une prolongation intéressante du livre.

Recherchez et commandez

Sur chezmonlibraire.fr,
vérifiez la disponibilité de vos ouvrages et commandez-les facilement en ligne.
Venez ensuite les retirer directement à la librairie !
Paiement en ligne possible sur demande.

Fermer la modal

Table des matières