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A l'occasion de l'anniversaire de la librairie en 2019, nous avons édité et offert un livre de souvenirs. Voici donc les meilleurs moments de rencontres de nos dix premières années...

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Emmanuelle Guattari – Rosa Panthère – Mercure de France

5 avril 2018

« C’est pas un écrivain, votre auteure là, c’est un peintre ! » me dit un des lecteurs assidus de la librairie quelques jours avant la rencontre avec Emmanuelle Guattari. Je partage absolument son avis à propos de Rosa Panthère, le cinquième roman de l’auteure. C’est même précisément pour son univers si particulier que je l’ai invitée. Car après deux récits tournant autour de son enfance à La Borde (voir article sur Marie Depussé), il me semble qu’elle évolue vers une littérature très imagée, très onirique, et que chaque livre amène un nouvel éclairage sur les autres. Il en va donc comme dans la lecture d’un tableau où une scène répond à une autre sans logique temporaire mais en créant des liens et où les personnages, même disparus, continuent de conter des histoires. Rosa Panthère est un roman très nostalgique sur un amour d’enfance que sa narratrice nourrit tout au long de sa vie. L’objet de cet amour est un personnage féerique, James, mi-magicien, mi-dompteur d’oiseaux qu’il fait sortir d’un vieux cabas noir, et dont le rapport au monde est insaisissable. Devenue danseuse de cabaret, sous le nom de Rosa Panthère, nom que lui avait donné James, elle se rapproche de plus en plus des racines de cet amour tandis que le basculement de James « dans l’autre monde » devient de plus en plus mystérieux.

Évoquer l’ensemble de ses livres avec Emmanuelle Guattari revient au même processus que les décrire. Son système d’écriture convoque différents motifs qu’elle renvoie les uns aux autres. Il est complexe mais elle l’explique très naturellement, très simplement. Aussi, à propos de Rosa Panthère, elle dit s’être inspirée d’un poème de Rilke, de la présence des animaux et de notre rapport à eux comme à notre animalité, des amours d’enfance dont elle croit qu’ils peuvent être violents et durables et donnent une force inouïe dans la vie.

À propos de l’enfance inévitablement, on parlera de celle, heureuse et singulière, qu’elle a eue au milieu d’une clinique psychiatrique très innovante, humaniste et libérale. Même si je ne voulais pas particulièrement la ramener sans cesse vers cet héritage, je m’aperçois qu’elle répond généreusement aux questions du public à ce sujet. Il y a même quelque chose de militant dans sa façon de l’aborder, réalisant qu’elle est, après la disparition de son père, de Jean Oury et dernièrement de Marie Depussé, de la génération nouvelle des témoins vivants. Nous apprendrons même que c’est en envoyant une lettre à la clinique pour s’opposer à la décision du déplacement, de la crèche dans un endroit plus excentré – donc plus sécurisé ? – que le désir d’écrire a commencé.

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